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La terre, le ciel & nous

Méfiez-vous des introvertis, ce sont eux qui dirigent le monde

Portait-Yves-Saint-Laurent

Titre inspiré d’une phrase de Pierre Bergé
à propos d’Yves Saint Laurent…

 
Pendant l’été, j’échangeais avec une cliente qui a suivi ma formation en identité de marque en 2013 et elle s’étonnait elle-même du leadership dont elle faisait désormais preuve au quotidien. À ma question comment cela se manifestait concrètement, sa réponse fut implacable :
 

“Plus jeune j’étais invisible physiquement, solitaire
et en même temps totalement anticonformiste.
Toujours à contre-courant, mais sans les attributs “classiques” de la rebelle.
En entreprise, j’ai été un talent gâché, pire un talent nié, j’ose le dire.
Maintenant j’ai compris pourquoi : j’ai l’âme d’une leader pas d’une suiveuse,
mais ça ne se voit pas au premier abord. C’est plus profond.
J’essaie toujours de garder ma liberté de pensée et d’action,
ce qui attire autant que ça dérange maintenant que j’assume qui je suis”

 
En quelques lignes elle a dressé toute la subtilité du leadership de l’entrepreneur, entre ce que l’on est profondément (son identité) et ce que l’on donne aux autres à voir, à entendre et à ressentir (sa marque).
Nombre d’entrepreneurs et d’artistes se définissent – ou se laissent définir – à tort comme timides, et se croient incapables de certaines choses par manque de confiance en soi. Beaucoup sont en fait des leaders en sommeil. Car le leadership ne se situe pas là où l’on croit…
 

TIMIDE
OU INTROVERTI ?

 
On peut être peu bavard, solitaire, avoir besoin de temps pour se sentir à l’aise, mais aucun timide ne se jettera à l’eau avec la folie de créer une entreprise. Timidité et introversion sont 2 notions très distinctes : être introverti signifie avoir besoin de recharger son énergie à l’intérieur de soi, tandis qu’être timide signifie être paniqué par l’inconnu et les relations sociales – donc antinomique avec le fait d’entreprendre.
 

INTROVERTI
ET EXTRAVERTI ?

 
La distinction introvertis/extravertis est moins évidente parce qu’elle se réfère à un état intérieur souvent en décalage avec l’image que l’on renvoie. Carl Jung définit les introvertis par le fait que leur recharge en énergie se fait dans la solitude et le silence, alors que les extravertis tirent leur énergie des interactions sociales.
Or notre monde est conçu pour des hyper extravertis, valorise l’aisance sociale, la capacité à créer des contacts partout et très vite, à parler beaucoup et à être au centre de l’attention. On peut avoir ces qualités innées et ne pas être un leader. On peut ne pas avoir ces qualités innées et être un leader.
Pourquoi, comment ?!
A force de “sonder les âmes” depuis 4 ans, j’ai compris que :
 

Le vrai leadership
a cette particularité
qu’il ne se voit pas
et ne se proclame pas

 
Je travaille autant avec des introvertis qu’avec des extravertis, qui ont tous une problématique commune, jamais formulée telle quelle, mais au coeur de leurs préoccupations : comment être en accord entre ce que je suis (mon identité) et ce que je fais/dis/montre (ma marque) ?
Mes clients introvertis :
• parlent doucement mais avec des mots précis
• ont besoin de temps pour assimiler des informations mais agissent vite
• posent peu de questions mais captent très bien les personnes et les situations, pour peu qu’ils acceptent de se laisser guider par leur intuition
Mes clients extravertis :
• dégagent une grande assurance qui les protège de leurs grandes fragilités
• semblent à l’aise avec tout le monde mais ont besoin d’être dans leur bulle
• donnent l’impression de tout accomplir avec facilité mais leur image “powerful” leur pèse parce que ne laissant pas assez de place à leur sensibilité pour s’exprimer
J’adore travailler avec ces 2 profils, parce que quand un introverti dévoile son grain de folie son activité gagne en consistance et en pertinence, et quand un extraverti se reconnecte à son intériorité, il gagne en qualité à tous les niveaux.
En fait, on n’est pas l’un ou l’autre.
On est l’un et l’autre, sur des strates différentes, avec une dominante certes, mais oublier l’autre partie revient à se priver d’un vaste champs des possibles.
 

Un nouveau
profil de leader

 
Vous vous reconnaissez dans cette description ? Vous faites partie de ce que j’appelle les “nouveaux leaders” : vous ne possédez pas les codes habituels des meneurs, vous n’aspirez pas à être en haut de l’affiche, n’aimez pas forcément diriger les autres, avez besoin d’expérimenter de nouvelles idées et qu’on vous foute la paix… très bonne nouvelle et bienvenue !
Votre tempérament hors cadre peut vous rendre très efficace, créatif et magnétique à partir du moment où vous vous AUTORISEZ à être pleinement vous-même. Pourquoi ?
Parce que quand on laisse tomber la façade, la case dans laquelle on a bien voulu nous enfermer depuis toujours, on démultiplie ses capacités créatives et intellectuelles. Quand on ACCEPTE que c’est en conjuguant action et réflexion, logique et intuition, rigueur et fantaisie, cerveau gauche et cerveau droit, que les portes s’ouvrent en grand.
Oui mais… personne ne nous l’a appris.
 

UNE ET MULTIPLE
À LA FOIS

 
J’ai compris progressivement que si j’attire ces 2 profils de clients “à priori” opposés, c’est parce que cela fait écho à ma propre identité. J’avais déjà évoqué le sujet en octobre 2013 dans l’article Ressentir, réfléchir, agir : les personnes qui me connaissent savent que je ne suis ni extravertie, ni volubile. Pourtant ça bouillonne 24h/24 à l’intérieur. Pourtant j’ai plein de choses à dire… et j’adore le silence. Pourtant je suis constamment en train de sortir de ma zone de confort.
Paradoxal ?
Non, plutôt une réalité multiple que j’essaie d’accueillir telle quelle. Travailler sur moi, c’est travailler pour mes clients. En me comprenant mieux, je comprends mieux la complexité des autres sans y transposer de jugement de valeur. Et je pense qu’on ne peut accompagner les gens que jusqu’où l’on a été soi-même.
C’est dans ce travail d’orfèvre que j’accompagne mes clients.
L’équilibre des paradoxes.
Rien n’est contraire, tout est complémentaire.
Rien n’est fatalité, tout est possibilité.
Du marketing quantique !
Comme me l’a très joliment dit un client récemment : “Mon positionnement et ma légitimité, c’est d’avoir des racines souples qui me donnent l’énergie d’explorer le monde pour vivre ma vie et mon business comme je l’entends”.
Une richesse infinie, mais difficile à intégrer dans notre société où il faudrait avoir un plan de carrière tout tracé, des dents de requins pour gagner de l’argent, et être “plus que” les autres pour réussir.
Les nouveaux leaders portent selon moi une responsabilité “d’évangéliste” : incarner le fait que oui, on peut réussir autrement… à sa façon, avec ses valeurs, ses paradoxes, sa vision, sa sensibilité.
 

WALK YOUR TALK :
TAIS-TOI, AGIS…
ET PARLE APRÈS

 
Depuis le mois de mai, j’ai été sollicitée pour des formations en intelligence managériale destinées à des cadres en majorité masculins, et en leadership pour des femmes entrepreneures.
Une belle revanche sur mon passé professionnel où on me disait que je ne serai jamais leader ni manager (ni même entrepreneure d’ailleurs) parce que je n’étais pas assez grande gueule, pas assez m’as-tu vu, pas assez carriériste…
J’ai toujours eu la conviction qu’on n’a pas besoin de brasser de l’air dans tous les sens ni de faire plus de bruit que les autres pour se faire entendre et amener les autres à se dépasser… d’abord faire ce qu’on dit, avant de dire ce qu’il faut faire : ce qui revient à assumer l’entière responsabilité de ses actes, plutôt que le “c’est la faute à”.
Loin d’être évident… mais votre vie et votre entreprise prennent une toute autre densité quand vous vous regardez avec honnêteté.
C’est ce que j’ai expérimenté ces 4 dernières années et qui m’a permis de développer mon activité sans me dénaturer et en me sentant utile à moi-même et aux autres, ces entrepreneurs qui ne veulent pas (ou plus) juste être “ce qu’on attend d’eux”.
Le plus beau compliment que j’ai pu recevoir après une formation en intelligence managériale venait d’un homme tout en discrétion qui m’a dit en fin de journée : “Merci car grâce à vous j’ai compris que je pouvais être un manager sensitif, m’autoriser à être moi, un homme sensé et sensible, et que je pouvais mieux travailler grâce à ça”. Priceless !
On a tous en tête les grands leaders qui ont révolutionné le monde des affaires et des idées, les patrons qui amassent des fortunes et font la une des médias, mais les leaders sommeillent en beaucoup d’entre nous.
 

Être un leader =
avoir une sensibilité à partager
et le besoin + l’envie
de fédérer autour de sa vision

 
On ne décide pas de l’être. On le porte en soi, et puis un jour on trace sa propre route, on agit, on tombe, on se relève, on agit, on tombe, on se relève, et le simple fait de continuer à faire ce que vous faites, avec vos tripes et votre cœur, inspire d’autres personnes à vous suivre, vous écouter, vous faire confiance.
De cet état d’être découle une qualité entrepreneuriale essentielle : le charisme – le vrai, celui vient du coeur, pas des apparences – qui n’a rien à voir avec la beauté, la jeunesse ou la tchatche.
Qu’est-ce qui rend certaines personnes vraiment magnétiques, au point de donner l’impression d’avancer dans la vie avec un mélange de fougue et de grâce ?
Simplement le fait qu’elles habitent leur tête, leur corps et leur coeur.
Elles vivent ce qu’elles ont à vivre sans chercher l’approbation des autres.
Elles ont un fil conducteur qui guide leurs actions et leurs paroles.
Elles se sentent portées par quelque chose de plus grand qu’elles à accomplir.
Elles n’attendent pas d’être validées par l’extérieur pour se sentir exister.
Elles touchent parce que… elles ne cherchent ni à plaire, ni à convaincre.
Une intégrité et une verticalité qui créent un aimant à clients et opportunités. Avant de se demander comment gagner de l’argent, les nouveaux leaders se demandent comment améliorer le monde… et gagner de l’argent devient l’une des conséquences de leur impact.
 
“Eleanor Roosevelt, Rosa Parks, Gandhi, tous ces gens se sont décrits eux-mêmes comme étant calme, à la voix douce, et même timide. Et ils se sont tous avancés sous le feu des projecteurs, même si tous les os de leurs corps leur disaient de ne pas y aller.
Et cela s’avère avoir un pouvoir spécial qui leur est propre, parce que les gens sentaient que ces dirigeants étaient à la barre, non pas parce qu’ils aimaient diriger les autres et non pas par plaisir d’être regardés : ils étaient là parce qu’ils n’avaient pas le choix, parce qu’ils se sentaient poussés à faire ce qu’ils croyaient être bien
(Susan Cain, conférence TED “Le pouvoir des introvertis”)
 

 
Merci à vous de faire vivre ce blog depuis 4 ans déjà par la qualité de votre présence et l’élégance de vos partages.
{ 8 ans plus tard… en 2022, si vous souhaitez aller plus loin, je vous propose de découvrir les 8 cursus de l’école de création des futurs.}
 

35 réponses

  1. Je suis très touchée par votre article…
    Je me reconnais, l’introvertie, c’est moi. Enfin je mets un mot sur ce que je suis.
    Je m’épuis et me rends malheureuse à me forcer à rentrer dans un moule et je ne sais plus comment faire autrement.
    Merci

    1. Que ce message est bon à lire et relire, comme Elizabeth je m’épuise (le mot est bien choisi) à essayer de correspondre à un schéma lisse que beaucoup de personnes attendent, mais je me suis perdue en chemin. J’ai cru me forger une carapace et je m’aperçois que c’est tout le contraire. la société nous demande tellement cette force et vitalité permanente, que si nous ne l’avons pas parfois, on a peur d’être laissé sur le bord de la route. Juste besoin de côtoyer de belles personnes, et savoir les reconnaître
      merci Céline pour ces mots réconfortants

      1. Je vous partage cette citation de Guillaume Apollinaire qui me parle beaucoup et à vous aussi sans aucun doute :
        “Venez jusqu’au bord.
        Nous ne pouvons pas, nous avons peur.
        Venez jusqu’au bord.
        Nous ne pouvons pas, nous allons tomber.
        Venez jusqu’au bord.
        Et ils y sont allés.
        Et il les a poussés.
        Et ils se sont envolés”

    2. Merci de votre partage Elisabeth… ne cherchez pas à rentrer dans un moule inconfortable, car tôt ou tard le moule finit par se briser de lui-même… On en parle quand vous le souhaitez. Bien à vous.

  2. Une de mes lectures cet été fût “la part d’ombre du chercheur de lumière” de Debbie Ford où il est question de réconcilier toutes nos parts. C’est en nous réappropriant toutes ces parts même les plus sombres que nous pouvons choisir et libérer nos talents, exprimer nos potentiels, être au plus près de notre vérité. “On ne décide pas de l’être. On le porte en soi” dis-tu…toujours les bon mots, Céline. Merci pour cet article très riche

    1. Merci Sybille de ton partage et de ta suggestion de lecture, pour ma part j’ai lu cet été “Le guerrier pacifique” de Dan Millman, où il est question aussi de l’acceptation de nos ombres et nos lumières, cet article en est le fruit direct 😉 Je pense effectivement que l’on porte tout en soi, “il suffit” d’ouvrir les bonnes portes avec les bonnes personnes. C’est là que l’intuition fait son oeuvre 😉 Un chemin sans fin… à très bientôt.

  3. Céline,
    Je viens de découvrir par hasard votre site et je dois dire que votre article m’a interpellé bien que je ne sois ni n’ais le projet d’être entrepreneure!Ô combien ce que vous dites résonne en moi,timide et réservée avec une sensibilité qui ne trouve pas sa place ( pour le moment 🙂 .. En plus je découvre que c’est possible aussi que des femmes entrepreneurs réussissent et s’épanouissent, ça me donne de l’espoir en matière de vision du monde…

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