célineboura.com

La terre, le ciel & nous

2015, une année nommée Désir

2015-annee-desir

© Photo Erich McVey

 

“La plus grande mission dans cette vie,
c’est de trouver sa douleur, la comprendre, la sortir”

(Betty Bonifassi, chanteuse canadienne)

 
2015, une année qui démarre sur les chapeaux de roue, avec un tsunami qui remonte à la surface de puissants sursauts de conscience collectifs. Étonnant comme l’Histoire entre souvent en résonance avec notre propre histoire. Pour ma part, 2015 démarre avec un changement majeur, qui a pris racine… le 11 septembre 2001.
 

Une histoire de temps

 
Exactement à cette période, je vivais mon premier “attentat” dans ma vie personnelle. Aucun dégât apparent, mais une bombe intérieure qui a fait éclater en mille morceaux, déjà si jeune, ce que je croyais être “une vie réussie”. Sans le savoir, je commençais à dérouler le fil rouge de ce qui allait devenir, 10 ans plus tard, mon métier, ma vie, le métier qui me permettrait de transformer ma propre vie.
Les jours, les semaines, les mois qui ont suivi ce 11 septembre, je me suis demandée pourquoi et comment un événement collectif traumatisant entrait en résonance avec nos traumatismes personnels. Comment on peut vivre, survivre, revivre “après ça”.
Quand il ne reste plus rien, que reste-il ?
A quoi se raccrocher ?
Comment s’aider soi en aidant les autres ?
Comment se sentir vivant et utile dans le dénuement le plus total ?
Ces questions m’ont tellement préoccupée qu’à peine un an plus tard, j’en faisais le thème de mon projet de master en communication visuelle, alors étudiante en école de design et marketing de la création.
Plutôt que de créer un énième projet de boutique ou de marque à vocation purement commerciale, comme il nous l’était fortement conseillé, je me suis demandée comment mes questions existentielles pouvaient contribuer, à ma petite échelle, à faire avancer le monde.
 

Connecting the dots :
relier les points invisibles
de sa trajectoire

 
Pendant 9 mois, j’ai travaillé nuit et jour à créer de toute pièce LE projet tout droit sorti de mes tripes : un espace de vie dédié au rêve et à l’imaginaire sur les ruines de Ground Zero à New York. Évidemment, pendant tout ce temps, personne n’y a cru : projet trop fou, trop flou, trop avant-gardiste…
Peu importe, parce que pour moi ça avait tellement de sens, je trouvais enfin mes propres éléments de réponse à mon questionnement majeur : comment le fait de se reconnecter à soi, à ses rêves, à son imaginaire, permet de se reconstruire individuellement et collectivement.
Comment transformer la souffrance en énergie de vie.
J’ai créé, à partir de l’ADN “See the invisible”, une marque, un lieu, des produits, des services, de la vidéo, de l’évènementiel, une campagne de pub… Le jour de ma soutenance, le jury regardait tout ça, paumé, comme si j’étais un OVNI qui leur parlait une langue inconnue.
J’ai obtenu mon master avec les félicitations du jury. Ce jour-là, en mars 2003, je me suis fait la promesse de toujours, toujours suivre ce que me dit mon “2ème cerveau” : mes tripes, mon coeur, mon intuition.
J’avais, encore une fois sans le savoir à ce moment-là, posé les bases de mon projet d’entreprise… de mon projet de vie. Je vous passe les 7 années professionnelles suivantes, où bien évidemment je n’étais jamais à ma place, où je voyais toujours trop loin et trop haut par rapport à ce qui m’était demandé : “fais ce qu’on te demande et va pas chercher ailleurs”.
Oui mais ça, c’est pas moi.
Je parle peu parce que j’ai besoin d’observer chaque détail qui m’entoure, j’entends ce qu’on ne me dit pas, je capte le monde en vibrations, en résonances et en dissonances, je vois des portes de sortie là où en apparence il n’y a que des obstacles, je fais des liens entre des choses qui à priori n’ont rien à voir ensemble… donc je ne sais pas me contenter de la surface.
Et j’ai compris qu’il était temps d’en faire quelque chose de constructif.
Pour moi, et pour ceux que ça intéresse d’avancer dans la vie avec cohérence, intégrité et dignité.
Identité de marque : qui on est et comment on créé sa place, son empreinte, son territoire dans la jungle du business… dans la jungle de la vie. C’est à ça qu’allait me servir tout ce que j’avais appris en marketing, en communication, en image. Et le faire à ma sauce à moi.
De là est né mon blog, en septembre 2010, et au même moment mon entreprise. Bizarrement, je ne me suis pas demandée comment j’allais trouver des clients, comment j’allais gagner de l’argent, parce que mon moteur c’était “pourquoi” je ne pouvais pas faire autre chose que Le luxe d’être soi.
J’ai tout misé sur mon blog parce que j’avais besoin de dire ce qu’on ne m’avait jamais laissé exprimer… et ça a démarré sur les chapeaux de roue.
 

Être soi :
être là où on se doit d’être
et non là il faut être

 
Sans le savoir aussi, j’ai fait les choses à l’envers de ce qu’il “fallait faire”… jamais par provocation, toujours guidée par “ce truc tellement évident” que ça ne peut pas être autrement. Mon business plan c’était “va là où ça vibre dans ton coeur”.
Plus tard, je comprendrais que ça s’appelle l’intuition, encore plus tard je comprendrais que la physique quantique, les neurosciences, les états modifiés de conscience, la théorie des cordes expliquent tout ça de façon très scientifique… très rationnelle.
Un an après avoir créé mon entreprise, la vie allait me faire comprendre à quel point ce “don” est à double tranchant, exigeant, sans concession.
Pendant 12 ans, j’ai vécu avec un homme brillant, visionnaire, doué d’une intuition phénoménale… qu’il a malheureusement trop peu écouté. Le 21 juillet 2011, de battre son cœur s’est arrêté, emporté en 3 semaines par un cancer foudroyant. Son dernier conseil, qui résume à la fois son plus grand regret et la quête de ma vie, fut “N’oublie pas qui tu es, c’est la seule chose qui compte ici”.
Qu’est-ce qu’on peut bien faire, après ça ?
Pendant près de 2 ans, cette profonde injustice et colère, autant que cette parole qui vaut de l’or et tout ce qu’il m’a transmis de son vivant, m’ont donné une énergie phénoménale, car oui et oui, c’est au bord du gouffre qu’on déploie des ressources inimaginables… pour survivre.
La vie m’avait enlevé “mon tout” d’un côté, et me redonnait en échange et en quasi-simultané “un autre tout” : en cherchant le sens et la cohérence à mon propre drame, car il y en avait forcément un bien caché quelque part, je trouvais ma place et mon utilité dans cette vie, presque “malgré moi”.
Mon entreprise s’en est retrouvée propulsée.
Pas seulement parce que je travaillais beaucoup.
Parce que mon histoire entrait en résonance avec d’autres histoires…
Parce qu’à chaque fois que j’avais l’impression d’être arrivée au bout de mes possibles, paralysée par la peur, par le manque, une nouvelle porte s’ouvrait devant moi…
Parce que 10 ans auparavant, j’avais créé le cadre et les outils qui me permettaient de transformer la douleur en énergie de vie…
Parce que dans mes rêves la nuit je trouvais les solutions à des problèmes de jour… Parce que mon espace de travail ce n’était pas seulement mon bureau mais tout ce que je voyais, vivais, apprenais en accéléré au quotidien…
Parce qu’en faisant tout ce chemin pour moi et en le décryptant, formalisant, partageant à travers mon blog, mes accompagnements, mes formations, par effet ricochet je permettais aux autres de le faire…
 

Exister par soi-même

 
Pendant près de 2 ans, j’ai vécu, encore une fois sans le savoir, en partie anesthésiée. Les seuls moments où j’étais pleinement vivante et présente étaient quand je m’occupais de mon entreprise, de mes clients. Le seul espace-temps dans lequel je me sentais en paix et en sécurité. J’avais déjà ce luxe-là… mais il était bien insuffisant.
Vivre la mort d’une personne aussi chère, ce n’est pas seulement faire avec l’absence, c’est aussi ne plus avoir personne qui vous rassure, qui vous protège. Moi la seule chose qui me rassurait et me protégeait c’était d’aider les autres à ne pas oublier qui ils sont.
Mais, qui étais-je dans cette nouvelle vie sans lui ?
La “bombe à retardement” a explosé au printemps 2013. Le genre d’évènement qu’on sent arriver de très loin mais qu’on fait tout pour repousser… Je comprendrais plus tard que ça s’appelle un choc post-traumatique.
On vit comme enfermé derrière une vitre de verre qui nous protège de la réalité… et puis un jour, la vitre explose. J’ai alors compris que mon deuil ne faisait que commencer.
Quand mon illusion de “tout maîtriser” s’est effondrée et qu’il m’a fallu reconsidérer tout mon mode de fonctionnement, en tant femme, mère, entrepreneure. Mais je n’avais plus d’énergie pour ça… alors, j’ai déposé les armes et j’ai arrêté de me battre pour “ne pas oublier qui je suis”.
Le temps était venu de devenir qui je voulais être.
Quand on reste vrai avec soi-même, on vous tend la main, toujours de façon très surprenante, pour continuer à avancer dans votre vérité. Pour ma part, ce fut des rencontres exceptionnelles, avec des clients, des partenaires, des amis, des thérapeutes, des personnes que j’ai interviewé ici, rencontré grâce à mon blog, dont beaucoup font désormais partie de ma famille de coeur.
Grâce à leur propre lanterne, ils m’ont permis de garder la mienne allumée. De ne pas perdre pied quand on réalise que tout ne fonctionne que par vases communicants (ce que tu perds d’un côté, tu le gagnes de l’autre), que rien ne dure, que tout ne tient qu’à un fil, qu’affronter ses peurs c’est se libérer de ce qui empêche d’être vraiment soi-même… What the fuck.
 

De la survie à la vie :
du besoin au désir

 
Quelque chose m’échappait… et me conduisait en même temps… mon business évoluait au gré de mes prises de conscience, renoncements, affirmations, mais moi il me fallait désormais trouver mon nouveau port d’attache. J’ai beaucoup voyagé ces dernières années, sans doute pour trouver ce quelque part.
En juillet 2013, j’étais conviée à la soirée de séminaire d’un réseau d’entrepreneures de Bordeaux grâce auquel j’ai développé une partie de mon activité depuis une conférence mémorable que j’y ai donné en septembre 2012. Cette soirée avait lieu au Cap Ferret.
En mettant les pieds là-bas, ma petite voix m’a dit “Ce dont tu as besoin, maintenant que tu as construit ton entreprise, c’est de construire ton projet de vie… et ton entreprise va t’y aider”.
En octobre dernier, j’y suis retournée pour la 3ème fois et ce que mon intuition avait capté 15 mois plus tôt m’est alors apparu comme une évidence : ma vie est désormais là-bas. J’ai trouvé mon port d’attache. J’ai trouvé le lieu où mon vrai moi pourra pleinement vivre et s’exprimer.

Un lieu loin d’être anodin, qu’une cliente a très joliment nommé “le point zéro entre terre, ciel et mer”. Un lieu authentique, sauvage, discret, élégant… le “less is more” dans toute sa splendeur. Vivre avec simplicité et sérénité, tel est mon nouveau Cap. Aller simple sans retour le 1er mars.

Je pars avec ma fille et le minimum vital, je me déleste matériellement de tout ce qui me relie à mon passé, je laisse la souffrance et la peur derrière moi. Place désormais au grand, au beau, au noble et surtout à 2 valeurs qui me sont devenues fondamentales :
 

L’évidence
et le respect de soi

 
Mon activité continuera entre Bordeaux, Paris et Skype, avec des personnes connectées aux mêmes valeurs, aux mêmes désirs, qui avancent, vivent, entreprennent avec leurs tripes, leur coeur, leur intuition… chemin compliqué mais toujours gratifiant sur le long terme. “On ne sait pas que c’est impossible… alors on le fait”.
J’ai plein d’idées pour faire de mon nouveau lieu de vie un espace de travail, de réflexion, de création, de transformation individuelle et collective… mais je vais m’arrêter là pour aujourd’hui, c’est long tout ce que je vous raconte hein ?! Cela fera l’objet de mon prochain article.
Mon espace de vie dédié au rêve et à l’imaginaire… j’y suis ! Une boucle de 14 ans se boucle. Et une autre s’ouvre. Je quitte ma dernière armure – Paris – pour vivre, enfin, ma véritable nature. Bienvenue à moi, à vous, à nous 🙂

 
En 2022 je vous propose de découvrir les 8 cursus de l’école de création des futurs.
 

“Très doucement et avec beaucoup d’amour,
je continue sans cesse de te rappeler les choses qui comptent réellement dans la vie,
jusqu’à ce qu’elles finissent par faire partie intégrante de ta vie,
et qu’elles vivent et se meuvent et aient leur être en toi”

(Eileen Cady, La Petite Voix)

 

70 réponses

  1. Je me suis dis : “allez ma vieille, tu vas pas pleurer”. Je n’ai pas pleuré, mais quand même je suis pas passée loin. J’ai ri au What the fuck, j’ai souri à plein d’autres endroits car j’entrevois notre futur commun.
    Wouhou ! ça déménage, c’est le cas de le dire !!!
    Je terminerai ce commentaire totalement décousu et spontané par : cap ou pas cap ? Grave Cap
    😉

    1. Chère Morgane, comme d’hab tu es la 1ère à commenter 😉 Merci de ton soutien et de ta présence sur mon chemin. Cap, grave !!

    2. et bien, même dans le métro…. j’ai pleuré !!
      … j’ai aussi souri… de joie de lire ce qui résonne, germe en moi, mais n’ose pas toujours s’épanouir.
      Merci pour ce texte qui vibre si fort…
      aaah théorie des cordes, physique quantique !! youpi la science vient enfin nous dire ce qu’on tente de faire valoir, ce qu’on ressent, l’intuition sans pour autant pourvoir l’expliquer rationnellement.
      Merci pour ce texte qui enlève un poids sur le plateau des doutes que l’on peut ressentir parfois face à ce qui ne rentre pas dans le “conventionnellement correct” et qui rajoute du poids sur la balance du sens de la vie et du sens que l’on porte en soi.
      le Cap, l’Herbe…. il faudra aussi penser à faire maison d’hôte pour les parisiens en manque de nature !!! ; -)))

      1. Merci Lau, “ce texte qui enlève un poids sur le plateau des doutes que l’on peut ressentir parfois face à ce qui ne rentre pas dans le « conventionnellement correct » et qui rajoute du poids sur la balance du sens de la vie et du sens que l’on porte en soi” : whaou, merci. Et pour la maison d’hôte, who knows… des projets sont en cours pour celles et ceux qui aspirent à déconnecter et se reconnecter… ailleurs, autrement, et surtout pas dans le “conventionnellement correct” :-)))

  2. Je partage cela avec toi, c’est mon mantra depuis quelques mois : “Impose ta chance, serre ton bonheur, va vers ton risque, à te regarder ils s’habitueront” René Char.
    ps et moi j’ai pleuré 🙂

  3. Tu es la seule personne avec qui j’ai travaillé qui soit suffisamment elle-même pour annoncer la couleur au second rdv : “je ne vais pas fort… je manque d’énergie”. Je ne t’en ai jamais parlé donc voici un scoop ! : ça a fini de me convaincre que j’avais fait le bon choix. Dans une ère où l’on peut être tenté de “devenir” plutôt que d'”être” et de déployer des énergies cosmiques à paraître (en forme, fort, etc…) , tu te paies le luxe de faire tomber le masque. Il n’a pas fallu plus de temps à mon flair pour t’accorder toute sa confiance. Et à mon coeur… son amitié. Long & good life Céline.

    1. J’ai le souvenir que c’était dès le 1er rdv… tu es arrivée au moment le plus difficile pour moi. Tu voulais passer de la survie à la vie… on en était au même stade. On a fait le chemin ensemble. Et quel chemin… it’s only the beginning <3

    1. La suite s’écrit déjà d’elle-même… puisque le futur est déjà contenu dans le présent 😉 A bientôt cher “Quentin”.

  4. Tu le sais.. parce que dans ton histoire, je lis la mienne.. parce que dans ta façon d’être et de faire, je me retrouve.. j’ai toujours autant de plaisir à te lire et à être là…. en veille.
    Je t’embrasse

    1. “Toc toc, y a quelqu’un ?”… magie de Viadeo… merci d’être là Patricia. A tout bientôt sur le Bassin 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.